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Publié le 18 novembre 2009
par Claudine Decaux

Couples : consulter avant qu’il ne soit trop tard

Consulter avant le point de non-retour, c’est en substance l’un des messages que cherche à faire passer Claudine Décaux, psychothérapeute et sexologue à Marseille, nouvellement sur Wikine. Elle explique avec cet article pourquoi mais aussi à quel moment un couple peut être amené à consulter un spécialiste.


A la fin de l’article, n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, questions et suggestions sur les sujets que vous aimeriez voir abordés par Claudine Decaux sur Wikine.


POURQUOI CONSULTER POUR UNE THÉRAPIE DE COUPLE ?


Il faut d’abord prendre conscience de notre besoin d’aide pour sauter le pas et prendre le téléphone pour demander un rendez-vous. Ce premier pas semble facile vu de l’extérieur alors qu’il n’en est rien.


Prendre rendez-vous, c’est avant tout reconnaître un problème au lieu de le nier, accepter notre besoin d’aide et vouloir s’en sortir. Ce premier pas représente en quelque sorte le premier pas vers une solution. Par la suite, la rencontre avec un(e) thérapeute nous permet d’être enfin écouté(e), entendu(e) et soutenu(e), de bénéficier de l’aide d’un(e) spécialiste, formé(e) à intervenir sans jugement et au maximum de son objectivité de thérapeute, en toute confidentialité.


Plusieurs étapes sont nécessaires pour accéder à ce premier pas :


Prendre sur soi et reconnaître que nous avons besoin d’aide pour trouver une solution à notre problème : bien souvent nous en avons parlé à des proches, des amis, etc. qui nous ont conseillé, donné leur avis. Il est tout à fait compréhensible de parler de ses problèmes autour de soi, par contre il faut savoir que nous agissons tous selon nos valeurs propres, notre morale et que l’entourage ne peut donner un avis que teinté de sa propre expérience, son vécu, ses propres problèmes et non pas en toute objectivité. On entend alors « si j’étais toi, … », « moi j’ai vécu ça et j’ai fait… », « oh ce n’est pas si grave… », etc. Or, ces personnes ne sont pas à votre place, n’ont pas les mêmes besoins, les mêmes pensées, ne veulent pas forcément votre bien non plus…


Faire fi du tabou de la demande d’aide : pourquoi je n’y arrive pas tout seul ? On ne pense évidemment pas tout de suite à consulter. D’abord parce qu’il s’agit toujours encore d’un tabou (« hé je ne suis pas fou ! », « je dois régler ça tout seul », « qu’est ce que mes amis vont dire ? », « ils vont croire que j’ai un gros problème », « oh notre problème n’est pas si grave que ça », etc.). C’est amusant de constater que lorsqu’un enfant apprend à marcher et qu’il se fait aider d’un parent, tout le monde trouve ça normal, mais lorsqu’il s’agit d’une difficulté psychologique ou relationnelle, il faudrait tout savoir, tout réussir… sans aide ! Or il y a des spécialistes pour ça, qui ont entendu déjà toutes sortes de choses dans leur expérience professionnelle et qui sont à même de vous aider. Mettez votre orgueil de côté (« les autres réussissent leur couple et nous on va consulter, quel échec ! »), vous ne savez pas quelles difficultés vos amis en couple traversent en silence, ils n’en parlent pas forcément (par orgueil aussi…) et voulez-vous vraiment vous conformer aux autres ou plutôt être heureux dans votre couple que vous avez choisi de former avec votre partenaire ?


 Ne plus penser que c’est l’autre qui a un problème… « il n’a qu’à changer ! », « elle n’était pas comme ça au début de la relation », « s’il m’acceptait telle que je suis, tout irait bien ! », etc. En thérapie systémique (de couple), nous voyons le couple comme un « système », la relation est composée de deux personnes différentes, qui ont leur bagage personnel propre. Le lien de cette relation est composé de ce qu’on y met, c’est-à-dire de nos sentiments, de nos conflits, de nos peurs, de nos anxiétés, etc. et aussi de tout ce que nous avons appris sur la vie à travers nos expériences personnelles mais aussi à travers ce que nous ont légué nos parents par l’éducation et l’environnement affectif qu’ils nous ont donné. Par conséquent, il est illusoire de penser que c’est « l’autre qui a un problème », cela ne mène pas à grand-chose, plutôt à envenimer la situation, car cet autre se sent de plus en plus incompris et le conflit empire. Il est plus judicieux de voir en thérapie ce qui appartient à chacun, ce que nous voulons dans la relation, quel genre de couple nous voulons former, d’améliorer la communication pour ainsi mieux se comprendre à l’avenir.

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  1. Claudine Decaux

    Par Gonzalo le 19 novembre 2009 à 13:39

    Il aurait peut être mieux fallu que quelqu’un d’autre fasse le premier commentaire car le miens ne sera pas forcement en phase avec Claudine :D

    Il y a énormément de façon d’avancer en couple et d’améliorer sa relation, je pense que la consultation ne sied pas à tous le monde, car comme le dis si bien Claudine, les gens ne peuvent pas être nous, même s’ils on vues des millions de cas, nous restons de toute façon uniques (rien que dans nos relations intimes, qui elles aussi peuvent causé pas mal de dégâts dans un couple).

    Pour ma part, je pense que cela ne me convient pas, tous autant que les conseils de mes amis :p.

    Je pense aussi que de consulter, c’est aussi une façon de se dédouaner, de laisser la main, il est possible d’évoluer mentalement et en couple de façon interne, il est possible et il existe des façons de s’améliorer continuellement, d’évoluer constamment.

    Mon but ultime est une constante évolution y compris dans mon couple(s), en ayant une pensé comme ça, il y a quand même de forte chance que nous réussissions à aller de l’avant sans avoir à payer une tierce personne pour nous conseiller sur sont expérience acquise sur d’autres personnes différentes de nous.

    Donc, je pense qu’il existe :

    - Des gens qui on besoins d’aide extérieure

    - D’autre qui ne se pose pas de question et qui vivent tous simplement (sûrement les plus heureux)

    - Et ceux qui s’auto analyse continuellement (dont je fais parti).

    Il doit exister des milliers d’autres cas de figures mais ceux ci me paraissent bien synthétiser mon entourage.

    Tous ça pour dire, bienvenue parmi nous Claudine Decaux, je pense qu’il va y avoir matière à débattre et évolué :D

    Chao

  2. Claudine Decaux

    Par Aurore le 20 novembre 2009 à 12:32

    Coucou Gonzalo !

    Tout d’abord je pense qu’il serait bon de parler du métier de sexologue et du travail qu’effectue en particulier Claudine dont elle m’a longuement parlé (et qui est passionnant !). Tu sembles craindre que le sexologue te conseille en fonction d’une expérience « acquise sur d’autres personnes différentes de nous », or d’après ce que j’ai compris (mais Claudine t’en parlera mieux que moi), toute thérapie est unique, sans réponses toutes faites… Mais j’ai peur de dire une bêtise alors je me tais :)

    Sinon tu sembles aborder la consultation comme une faiblesse, comme une défaillance mentale. D’une part j’ai l’impression que c’est un sentiment partagé par beaucoup et d’autre part euh… ben… je ne sais plus ce que je voulais dire !

    Bref, ne penses-tu pas que malgré une constante introspection deux personnes puissent un jour ne plus réussir à communiquer (ce que je ne te souhaite pas du tout !)? Dans ce cas-là je crois quelque soit la « catégorie » dans laquelle on fait partie, qu’en parler (ne serait-ce que ça…) à une tierce personne, neutre, peut être un atout formidable pour son couple (mais pour cela encore faut-il mettre sa fierté de côté :) ).

    Et pour revenir à ma question : aimerais-tu que Claudine aborde un sujet en particulier ? Qu’elle explique son métier par exemple ?

  3. Claudine Decaux

    Par Claudine Decaux le 23 novembre 2009 à 10:10

    Bonjour Gonzalo,

    Tout d’abord merci de ton accueil et de ton commentaire et, si, je confirme, tu es bien en phase sur le fond avec ce que je prône, c’est-à-dire la reconnaissance de l’évolution de chacun(e)d’abord pour soi-même et dans le couple le cas échéant.
    En effet, lorsque quelque chose ne va pas, on se tourne souvent vers les amis, mais ceux-ci nous conseillent par le biais de leur vision propre, et par conséquent de leur histoire, voire de leurs difficultés personnelles et non de façon neutre et impartiale.
    Évidemment, mon article concerne les personnes qui reconnaissent avoir besoin d’une aide extérieure, d’un « observateur » pour mieux comprendre la dynamique de leur couple, et non ceux qui, soit ne ressentent pas de difficultés particulières, soit trouvent des solutions par eux-mêmes. C’est toujours la souffrance qui nous fait aller demander de l’aide et dans ce cas pour moi il ne s’agit pas du tout de se « dédouaner », mais au contraire de pouvoir mettre cartes sur table et de comprendre les raisons pour lesquelles notre couple en est arrivé là. La thérapie de couple est toujours une remise en question, une étape pour décider un renouveau du couple dans les meilleures conditions, dans la compréhension de chaque ressenti, des non-dits, des interactions, des besoins et des attentes de chaque personne formant cette entité couple. Le sexologue (en tous cas moi) ne « conseille » pas les couples,ils les aide, après un diagnostic professionnel de leur dynamique, à explorer leurs difficultés et à trouver des solutions propres à ce qui se joue dans leur couple en particulier.

    Beaucoup de personnes par conséquent ne ressentent pas le besoin de consulter (et n’en ont pas besoin), car elles sont arrivées à communiquer de façon efficace leurs besoins, leur ressenti et ont fait un choix de partenaire qui leur convient. Par ailleurs, ne pas consulter ne veut pas non plus dire que tout va bien, car beaucoup de couples vivent dans un certain déséquilibre, où l’un s’oublie par rapport à l’autre par exemple et de ce fait vivent dans une dynamique malsaine, mais qui fonctionne pour eux, jusqu’à une crise.

    Évoluer, c’est se poser des questions, faire des changements et tendre vers un nouveau soi.
    Donc il est finalement important de se faire confiance, de s’écouter et, s’il y a besoin d’y voir plus clair et de consulter, ne pas en avoir peur et voir cette démarche comme positive et enrichissante.
    Sur ce, je vous souhaite à tous et à toutes une excellente journée !

  4. Claudine Decaux

    Par Libriss le 23 novembre 2009 à 22:06

    Tout d’abord, un grand et chaleureux merci à Claudine de venir sur Wikine afin de nous faire connaitre ses convictions !

    Je suis en partie de l’avis de Gonzalo. Je pense moi aussi -et depuis longtemps- qu’il existe ces 3 types de personnes.
    J’en suis venue à penser cela suite à mon expérience avec divers psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, et autres assimilés « psy ». Toute tentative a fini en échec.
    Pour résumer, chez moi « les psy », ça ne marche pas. Tout d’abord je m’auto-(psych)analyse (ce qui est loin d’être un atout), mon esprit est fait comme ça et rien ne sert de lutter contre ça.
    Malheureusement, il peut arriver que même ces « gens là » (qui n’avancent pas avec les psy) aient tout de même besoin d’une aide extérieure.
    Bon, pour la petite histoire j’ai trouvé de bien meilleurs résultats via la sophrologie, donc je suis satisfaite de ma « thérapie comportementale ».
    Néanmoins, je suis toujours à la recherche d’une autre solution pour arriver à gérer des difficultés dans mon couple, mais si je ne peux me tourner vers un psy, que me reste t-il ?
    Notre couple se porte très bien, nous sommes heureux et nous nous aimons plus que tout au monde, la communication fait parti du ciment de notre relation. Cela n’empêche pas qu’il y a quand même certaines choses à régler. L’idée de consulter pour notre couple de réveille pas l’idée chez moi de « couple bancal, qui a des problèmes, qui est en échec, etc ».
    Ces choses à régler sont issues de mes problèmes personnels qui ont un impact sur notre sexualité. Ces difficultés sexuelles sont pesantes, nous en avons beaucoup parlé, nous ne sommes pas en conflit à ce sujet. Nous avons déjà tenté beaucoup de choses pour y remédier, mais rien n’avance alors je me dis qu’il est peut être temps de nous tourner vers « autre chose »

    Les psy que j’ai vu sur ce problème bien précis (et non pas celui m’ayant poussé à la sophro) n’étaient apparemment pas préparés à travailler sur un sujet sexuel. Je pense également que je ne dois pas consulter seule, même si le problème viens de moi, ça pourrait être bénéfique pour notre couple que mon ami participe à la consultation (afin de se dédouaner par exemple, ou de mieux appliquer les conseils qu’il aura entendus directement de la bouche du sexo/psy et pas de façon déformée suite à une mauvaise explication de ma part).

    Cet article tombe à pic, j’aimerais bien en apprendre plus sur le métier de sexologue, en quoi cela consiste, d’où sont tirées les expériences (des cours de psycho ? des expériences personnelles ? de celles d’autres patient ? etc). Comment trouver un bon sexologue psychothérapeute ? (j’ai une grosse trouille de tomber sur un charlatan). Comment se déroule une scéance ? quel est le langage utilisé (peut-on parler franchement de fellation ou d’autre pratique sans tabou et en utilisant les termes qu’on utiliserait entre copines, ou la modération est de mise ?) ? Enfin… Tout ce qui semble utile d’être dit à une néophyte comme moi ! Je suis assoiffée de connaissances :)

  5. Claudine Decaux

    Par Gonzalo le 24 novembre 2009 à 20:22

    @Aurore : Je n’ai aucune crainte, que des doutes, je déteste vivre dans la peur et d’ailleurs je ne le fais pas !

    En amour :
    - Pas de fierté
    - Pas de pitié

    Je n’aurais jamais peur ou honte de me dévoiler j’ai des tendances à le faire très facilement, m’ouvrir à l’autre est surement une de mes grandes passions.

    « Bref, ne penses-tu pas que malgré une constante introspection deux personnes puissent un jour ne plus réussir à communiquer » = Oui, même si je me questionne environs toutes les deux secondes, il arrive que la personne qui a la dure tache de partager mon quotidien, elle, ne suive pas, donc du coup même si moi je travail sur moi, ma campagne n’est pas forcement sur la même logique (c’est justement ca différence qui me plais), d’ou un travail de tous les jours !
    Si jamais nous arrivons à une impasse, j’essaye de casser le schéma, et pour le moment ça nous réussi plutôt bien (je touche du bois), même si nous vivons souvent des moments très dure et qui d’ailleurs nous enrichissent fortement.
    @Aurore & Claudine
    La seul chose qui me dérange dans le milieu, c’est la façon de généralisé, d’être sûr et certain (le « certain » me gêne, toujours, je fais très attention à ne pas sombrer dans l’Absolu (il FAUT être suivi, si vous avez un souci il FAUT consulter, si jamais ça ne va pas dans votre vie, ALLER VOIR UN PSY, si jamais x raison, il FAUT être suivi)
    J’exècre les généralités, j’en ai marre de mettre tous le monde dans le même sac. (Je ne parle pas pour toi Claudine, mais mon commentaire résulte de cela)
    Il n’y a que les seigneurs Sith qui pensent par l’absolu (la guerre des étoiles), je sais, j’ai de superbes références :p

    @Libriss : J’adore ton esprit (curieux et illimité)
    En tout cas, et ce sera ma phrase fin, Claudine, tu provoque le débat ;)

    PS : J’ai tous pleins de phrases toutes faites, que je n’applique pas forcement, je reste avant tous très humain :D

  6. Claudine Decaux

    Par Libriss le 26 novembre 2009 à 9:04

    J’adooooore tes références Gonzalo :D :D :D
    (et merci pour le compliment^^)

    Je plussoie encore une fois : lorsqu’on dit qu’on ne va pas consulter, des fois j’ai l’impression d’avoir assassiné ma propre mère !
    Il faut en général allonger les arguments, et ça ne suffit pas toujours…

    J’y suis souvent confrontée, un des problèmes que j’ai soit disant on ne peut pas s’en sortir sans psy. Je trouve que je m’en sors plutôt pas mal, voire mieux que certains, mais c’est vraiment difficile parfois de faire face à ces attaques.

    Je dirais plutôt que chaque problème trouve sa solution selon nos manières et méthodes de vie. Un psy peut être d’une très grande aide, mais ce n’est pas la seule solution à tous les maux de l’esprit.

    Enfin, j’y pense encore plus depuis que j’ai lu cet article : cette fois ci je suis vraiment tentée à 200% de consulter un sexo-psy. Mais comment trouver celui qui nous convient ? (déjà que pour un psy « normal » le feeling ne passe pas avec tous, et il faut souvent en tester plusieurs pour trouver le bon qui nous convient)

    Bonne journée tout le monde !

  7. Claudine Decaux

    Par Claudine Decaux le 26 novembre 2009 à 9:51

    Je vous prépare un article sur le métier de sexologue incessamment, je pense qu’en effet ce métier est méconnu et ouvre donc les portes à plusieurs dérives de « psychothérapeutes » non formés.
    À bientôt !

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