Publié par Aurore
Ex Utero, Pour en finir avec le féminisme de Peggy Sastre est un livre qui m’a tout d’abord intriguée. Puis la quatrième de couverture a failli me décourager. Le corps du texte quant à lui, m’a passionné. La fin… vous en jugerez par vous-même !
Ex Utero, publié dans la collection « Attrape-corps » de la maison d’édition la Musardine, est loin d’être un roman dont on ne dévoilerait pas la fin. Cependant, l’ouvrage a bien une fin que l’on ne pourrait aborder sans prendre soin de passer par le cheminement qu’emprunte Peggy Sastre. Or c’est que fait la quatrième de couv’ qui commence par la fin du livre, et c’est assez brutal et désopilant.
Ainsi, c’est moins la destination que le chemin qui m’a intéressé dans la réflexion de Peggy Sastre. Jonchée de sources diverses, mêlant philosophie, mythologie, histoire, biologie et autre, la route que nous fait parcourir Peggy Sastre s’apparente parfois à celui du lecteur de Jacques le Fataliste. A travers ses exemples, on est amené à réfléchir tour à tour sur la prostitution, la nature de l’homme, le libertinage, la pornographie et j’en passe, et nous pousse parfois violemment à remettre en question des postulats acceptés dès notre plus jeune âge. Tout cela dans le but de nous montrer la liberté fondamentale dont ne jouissent pas la plupart des femmes et cela même dans nos sociétés modernes.
Je vous vois déjà froncer le sourcil, le même que vous avez arqué à la lecture du sous-titre « Pour en finir avec le féminisme ». Comment ça, les femmes ne sont pas libres en France ?! Et en défendant cette idée Peggy Sastre s’en prend aussi aux féministes ?!
Je ne me lancerai pas dans un résumé tronqué qui ne ferait qu’aggraver les incompréhensions de part et d’autres. Lisez le livre, nous en débattrons après. Aussi me contenterai-je de préciser que l’auteur ne parle pas là de liberté juridique mais d’un nécessaire affranchissement d’un actuel courant moralisateur.
L’argumentaire de Peggy Sastre obéit au darwinisme sur le fond et sur la forme. Sorte d’évolution historique et culturelle, elle remonte aussi loin qu’elle le peut dans le temps, pour ouvrir à la fin de l’ouvrage, sur les évolutions à venir, en passant par les luttes féministes et l’influence des préjugés actuels sur les esprits.
Sa thèse repose ainsi sur le lien entre la sexualité de la femme et la procréation. Il est pour elle, nécessaire de différencier les deux pour accéder a une nouvelle forme de liberté sexuelle.
Le darwinisme apparait ainsi comme un passage obligé que Peggy Sastre emprunte pour nous libérer ensuite de ces contraintes utérines.
A lire aussi l’interview de Peggy Sastre
Interview d’une observatrice – Peggy Sastre, auteur de “Ex Utero”
Ex Utero est de ces livres à lire qui nous dérangent et nous amènent à revoir nos jugements hâtifs. Je le conçois plutôt comme un raz-le-bol argumenté dont le ton vindicatif et l’absence d’éthique font place à la liberté individuelle et qui se met à dos par la même occasion et comme il se doit, certains bien-pensants.
Que vous soyez féministe ou sans avis sur la question, c’est un livre à mettre entre toutes les mains sans exception, non pas pour adhérer complètement à sa thèse, mais pour au moins réfléchir à votre identité de femme, à votre sexualité et pour remettre en question vos idées reçues.
Ex Utero, Pour en finir avec le féminisme, Peggy Sastre, la Musardine, 200 pages.