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Publié le 24 mars 2009
par Aurore
C’est au Moyen Age que l’amour courtois fait son apparition, personnifié par la relation Lancelot-Guenièvre dans l’œuvre de Chrétien de Troyes. Cet amour vertueux peut donner une fausse image de romantisme, une sorte d’âge d’or de l’attente de l’autre qui prendrait le pas sur le désir charnel. Il n’en est rien.
Un des exemples les plus frappants se situe dans Les Contes de Cantorbery de Chaucer, une œuvre majeure de la littérature médiévale où des pèlerins, en route pour Canterbury, racontent tour à tour leur histoire.
Contrairement à ce que l’on pense, le sexe n’était pas considéré comme tabou au Moyen Age. Bien au contraire, c’était l’élément qui permettait la reproduction, la création d’une nouvelle vie. Par contre, le plaisir sexuel se rapprochait beaucoup du péché. Par conséquent, la sexualité ne connaissait pas de juste milieu : la femme médiévale était vierge ou prostituée.
Chez Chaucer, c’est la bourgeoise de Bath (l’un des personnages partant en pèlerinage) qui, forte de ses 5 mariages successifs, fait d’abord l’apologie de la virginité pour ensuite confesser ses plaisirs « aux œuvres de chair ». Car « à quelle fin / Furent crées les organes génitaux / Et les êtres si parfaitement membrés » si ce n’est pour jouir du plaisir sexuel. Elle se justifie par le fait que nulle part dans la Bible il n’est dit que l’on ne doive se marier qu’une seule fois. Elle n’a aucune honte d’afficher son envie insatiable de sexe quand elle proclame que tout ce qu’elle souhaite est dominer le corps de son mari.
Cette recherche du plaisir sexuel brut se retrouve aussi dans les légendes arthuriennes. Uther, le père d’Arthur, désire tellement Ygerne, alors femme du duc des Cornouailles, qu’il n’hésite pas à demander à Merlin de le transformer pour qu’il ressemble en tout point au mari d’Ygerne. On est alors loin de l’amour courtois qui lie Lancelot et Guenièvre.
En bref, l’époque médiévale a gardé l’empreinte de la romance arthurienne et de ses valeurs vertueuses, popularisées par nombre d’écrivains de tous horizons. Alors que l’utopique Camelot s’est construit au cours des siècles protégeant la veuve et l’orphelin, la société médiévale côtoyait les religieux les plus farouches ainsi que les « hotesses de charmes » les plus voluptueuses…
Note : les références à Chaucer ont été prises sur l’édition Folio Classique.
Les Contes de Canterbury, Geoffroy Chaucer, Folio Classique.
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