Publié par Aurore

L’hypersexualité, qui est touché ? Le sexe est-il une drogue ?

L’hypersexualité est une notion qui fera probablement son entrée en 2013 dans la 5ième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V). Ce terme viendra remplacer l’expression favorite des médias à sensation, la fameuse « addiction sexuelle ».


L’addiction sexuelle est un danger que l’on craint de plus en plus et qui fait de nombreuses victimes… On nous alerte, nous informe de ses symptômes et nous propose des tests pour savoir si nous aussi nous sommes shootés à l’orgasme !


Les plus fragiles d’entre nous s’identifient aux exemples proposés, analysant déjà leur comportement à la lumière de cette nouvelle maladie, tandis que d’autres y trouvent un argument de plus contre le : « tu vois bien Bernard que le c’est mauvais ! »


Les parents se posent des questions sur leur ado de progéniture qui cherche par tous les moyens à se rendre sourd, les petites amies effarouchées brandissent la menace de la maladie, lui l’ »obsédé » car être désirant.


Entre paranoïa et véritable danger, en passant par l’excuse du mari infidèle (et votre maître en la matière sera Tiger Woods), qu’est-ce vraiment que l’hypersexualité ?


La définition elle-même est sujette à polémique car pour définir un excès, encore faut-il qu’il y ait une norme, une moyenne. Or nous sommes tous bien placés pour le savoir, le désir oscille entre les personnes, entre les différents moments de la vie, de sa relation et de tout un tas de paramètres.


Le point d’ancrage de la définition est donc le plan social. L’hypersexualité c’est à partir du moment où la sexualité affecte négativement la vie sociale et professionnelle d’une personne. Ça c’est pour l’idée générale.


Ensuite, les critères diagnostiques sont nombreux. Mais ce qu’il faut bien comprendre en premier lieu c’est que la maladie se classe parmi les troubles mentaux. Cela signifie donc que ce n’est pas la sexualité, ni l’orgasme qui entraînent une dépendance physique. C’est une maladie avant tout psychologique.


Le n’est pas mauvais ni nocif. Germaine qui voudra donc prouver à Bernard qu’elle a raison de ne plus vouloir faire l’amour avec lui, se trompe. La recherche de l’orgasme n’est qu’un symptôme.


De plus, les différents maux souvent pointés du doigts, du genre sextoys, minitel rose, cyber sex, pornographie, s etc, ne sont pas non plus addictifs en eux-même. Le fait d’en être amateur ne fait pas de vous un malade mental ! S’ils sont cités lorsqu’on parle d’hypersexualité c’est qu’ils interviennent comme symptômes.


Si l’on simplifie un peu les critères diagnostiques, les personnes touchées par l’hypersexualité sont celles qui passent une grande partie de la journée à l’accomplissement de l’acte sexuel, en réponse à un état dysphorique ou stressant, tout cela sans tenir compte des autres, et sans réussir à s’arrêter.


Ça ne vous rappelle rien ? Quand vous tombez égoïstement dans votre paquet de gâteau et le finissez sans réussir à vous arrêter ! Pourtant votre paquet de gâteau n’est pas une drogue…


On a parfois l’impression avec les magazines que l’on peut tomber comme ça de l’autre côté du . Vers le côté obscure du … Qu’en essayant d’autres choses, en accomplissant des fantasmes, en découvrant de nouvelles pratiques on va soudainement basculer, sur un coup de rein en trop, vers la maladie.


Non. Ces comportements-là sont sains. Vous ne risquez rien à vous éclater au lit, ni à flirter joyeusement sur le minitel rose (à part dans ce dernier cas, d’être fauché à la fin du mois…). Car l’hypersexualité c’est avant tout un état de souffrance et de détresse personnelle.


Ainsi, pas de psychose. Ni les sextoys, ni les sites de rencontre, ni les films porno, ni le ne vous rendrons accro à quoi que ce soit tant que êtes bien dans votre tête… Ni même les paquets de gâteaux au chocolat, alors ne culpabilisons pas !

VOS RÉACTIONS

  1. Par Gonzalo le 6 mars 2010 à 12:14

    Waouw, heureusement que tu as écris cet article Aurorita, j’ai failli aller dans une clinique, consulter !

    C’est qu’ils finissent par faire peur avec leurs conneries quand même, d’ici à ce que nous ayons un vaccin à prendre contre l’hypersexualité il n’y a qu’un pas mais heureusement que des femmes comme toi se battent pour la liberté d’avoir des envies et en plus de les assouvir !

    Gracias :D

  2. Aurore

    Par Aurore le 8 mars 2010 à 13:52

    Merci Gonzalo :)
    C’est vrai que très régulièrement je lis des articles qui peuvent prêter à confusion (et qui jouent là-dessus), et c’est un truc m’énerve ! Mais ça fait de l’audience d’inquiéter les gens…

  3. Par Benoit le 9 mars 2010 à 19:19

    On stigmatise la gourmandise…

    Merci pour ton article Aurore.

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