Publié par anonyme

Moi jalouse ?

La jalousie est un vilain défaut. Je le sais, j’ai bien appris ma leçon. La Rochefoucauld disait « Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour. » Et sur ce point, je suis bien d’accord avec lui.


Pourtant quand un copain goguenard me demande si je suis jalouse, j’hésite, j’oscille entre le oui et le non. La plupart du temps je suis bien obligée de reconnaître que oui, ne serait-ce qu’un peu.


Si la jalousie se traduit par l’espionnage de la personne aimée, alors non. Je ne suis pas malade. Je ne l’appelle pas sans arrêt et je lui fait confiance. Évidemment je lui demande ce qu’il s’est passé dans sa journée, s’il a une collègue un peu trop jolie à mon goût je ne vais pas m’en réjouir, mais je ne fouille pas dans ses poches pour trouver une preuve de sa culpabilité.


La plupart du temps, quand je fouille ses poches, c’est avant de lancer une lessive.


Évidemment, je ne suis pas ravie de revoir ses ex, et à c’est dans ces moments-là que j’ai besoin d’être rassurée, qu’il me dise que je suis la plus jolie, la plus merveilleuse et génialement géniale des petites amies. Mais je ne l’appelle pas tous les quarts d’heure pour être sûre qu’il ne me trompe pas, non.


Forcément, parfois ça arrive, on se dispute à cause d’une autre. Tu lui as dit ci, tu l’as regardée comme ça, moi de toute façon je la trouve chiante cette nana-là, imbue d’elle-même et psychorigide aussi. T’as pas remarqué ? Alors il proteste, énervé que je ne lui fasse pas plus confiance, mais moi ce n’est pas de lui que je me méfie, c’est de l’autre-là, trop gentille pour être honnête…


Mais je ne lui fais pas une scène pour une soirée (à moins qu’il l’ait passé avec elle !). Par contre, il ne faudrait pas qu’il fasse mine de vouloir la revoir ou de passer trop de soirées où elle est présente. Ce n’est même pas que j’aurais peur qu’il me trompe, mais qu’il l’apprécie trop. Qu’il ait moins besoin de moi, qu’il la trouve mieux que moi et oui qu’à la fin, qu’il me quitte pour elle, c’est sûr.


Jalouse, pas vraiment. Possessive oui. D’ailleurs dans une moindre mesure, je peux être jalouse d’un de ses copains. Un copain qu’il voit beaucoup, avec qui il partage des choses sans moi, de qui il prend soin en soirée, comme il prenait soin de moi au début.


En fait, je déteste à chaque fois qu’il fait du charme à quelqu’un. Même si c’est une séduction d’amitié. Ça m’énerve. Il m’énerve dans ces cas-là. Je ne suis plus l’objet de ses attentions. Et si c’est avec une personne qui potentiellement pourrait lui plaire, alors là…


Alors là quoi ? C’est à la réaction que l’on voit si la personne est gravement atteinte ou pas ! Là généralement, ça fait mal. Un pincement au cœur, la peur au ventre d’être moins bien qu’elle, la colère et puis je réserve aussi un accueil peu sympathique à mon tendre.


Possessive oui pourtant j’ai une autre opinion de l’amour. Je sais qu’un être humain a besoin de continuer à plaire. J’ai conscience qu’être en couple ce n’est pas posséder une autre personne. J’aimerais que nous puissions nous épanouir l’un et l’autre, l’un aux côtés de l’autre sans avoir à nous rendre des comptes à tout bout de champ. Mais je ne m’en sens pas capable.


J’aimerais tellement ne pas dépendre de lui. Pouvoir vivre à ses côtés sans vivre toujours avec lui. L’amour n’est pas une aliénation mais bien souvent, il le devient.


VOS RÉACTIONS

  1. anonyme

    Par Gonzalo le 20 janvier 2010 à 11:20

    Jolie !

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