Publié par Alice

Sites porno : l’enfer de l’addiction

Avec l’émergence des nouvelles technologies, une multitude de sites se sont développés. Jeunes ou moins jeunes, ils sont nombreux à développer une addiction. Et dans certains couples, les dégâts causés sont monumentaux. Gros plan sur un sujet classé , avec l’aide de témoins.

Voilà une forme d’addiction typique de notre époque et contre laquelle il s’avère bien difficile de lutter : l’addiction aux sites porno. L’essor prodigieux de ces sites et la popularisation d’Internet a jusqu’ici plutôt provoqué un débat autour du contrôle parental et l’accès des jeunes aux contenus illicites disponibles sur le web. Mais on aborde assez rarement l’autre versant du sujet, celui qui concerne les adultes : que se passe-t-il lorsqu’une personne développe une totale addiction aux sites porno, qu’il s’agisse de sites de téléchargement ou de sites de chat ? A fortiori lorsque cette personne vit en couple… Quelles peuvent être les raisons justifiant ce penchant tenace ? Faut-il l’expliquer par un déficit de la libido au sein du couple, la recherche d’une perversion, d’un jardin secret érotique, d’une « double vie » virtuelle ? Et surtout, quelles sont les répercussions de cette addiction sur le couple et sa sexualité ? Comment réagir lorsque la vérité éclate ?

Une addiction pas si virtuelle

Si le succès de l’industrie du film n’est plus à prouver depuis longtemps, celui du sur le web reste encore entouré d’un grand flou artistique. Il existe aujourd’hui pléthore de sites assez facilement accessibles, où n’importe qui ou presque peut télécharger des vidéos plus ou moins « hard » our avec un(e) inconnu(e) dans un langage plutôt cru. La déferlante est massive, elle touche jeunes et moins jeunes, et elle s’insinue de plus en plus profondément dans les habitudes des internautes. Faut-il y voir une révolution sexuelle et virtuelle ?

Ainsi, à une époque où l’on est en permanence assailli de messages sexuels et où le contact physique pose de plus en plus problème à certains, on assiste à ce paradoxe : les gens « consomment » du par écran interposé. Pratique, (relativement) anonyme, et bien dans l’air du temps. Si le film a une telle ampleur, il ne faut pas se leurrer, c’est qu’il répond à un besoin. En définitive, Internet agirait comme un révélateur, ne faisant qu’intensifier et faciliter des pratiques qui existaient depuis longtemps.

Il est donc entendu qu’Internet et ses outils ont facilité l’addiction au porno, mais aussi sa fabrication et sa diffusion par n’importe quel amateur. En un clic de souris, sans avoir à braver la censure d’autrui, on peut donc exposer ou avoir accès à tous les fantasmes, toutes les pratiques, de la plus classique à la plus trash.

Ainsi en se « libéralisant », en partie grâce aux sites , la pornographie a naturellement engendré des excès et des comportements pour le moins erratiques. De plus en plus de gens, des hommes en majorité mais aussi des femmes, ont développé une forme d’addiction aux sites , n’arrivant pas à se défaire d’un chat coquin ou du besoin de télécharger la dernière vidéo hard.

Un problème beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit, à tel point que certains sites d’aide aux « victimes d’addiction au porno » se sont créés, comme www.orroz.net. Sur ce site par exemple, de nombreuses personnes confrontées à une véritable addiction aux sites se livrent sans tabou et essaient de s’entraider pour trouver des solutions à cette obsession qui les ronge.

Comme beaucoup d’addictions, la dépendance au fait beaucoup de dégâts, mais elle a cette particularité de produire des ravages dans la vie intime du couple. Elle modifie les comportements sexuels, elle engendre des cachotteries, des esquives gênées, des malentendus et des non-dits. Comme il s’agit d’un sujet tabou, il n’est pas facile à aborder sereinement. Pourtant, le dialogue est une première étape décisive pour ne pas laisser la situation dégénérer. Mais comme on l’a vu, il se révèle parfois insuffisant. Quand l’addiction devient trop envahissante, une aide extérieure est souhaitable – psychanalyste ou sexologue. Enfin, le recours à un organisme comme l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (www.anpaa.asso.fr) aide à traiter les dépendances sexuelles de toutes natures. N’hésitez pas à les contacter.

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